03 septembre 2007
chambre 18
Aujourd'hui dans mon sac il y a...la chambre 18.Quelques jours au mois de juin.Une semaine derrière la porte blanche, entre des draps blancs, à l'ecart du monde. par la fenêtre la cime des arbres, le deroulement du quotidien. Tout se passerait bien.On attendrait les resultats bien sûr, mais tout se passerait bien. Ce serait long quand même mais tout se passerait bien.Sans doute...Et puis se reveiller dans un cauchemar, une longue cicatrice rouge qui court dans la chair. on récupère, vite, on apprivoise ce corps meurtri, les fils, le bruit dans les couloirs, même la nuit. On récupère, parce qu'on a pas envie que ça s'eternise, parce qu'on est si bien entouré ,parce que dehors c'est presque l'été.Alors on ne se mefie plus, on croit que le pire est passé.et on decouvre la violence de l'angoisse qui taraude , qui a reussi à trouver la faille pour s'insinuer dans notre esprit convalescent.S'autoriser enfin à avoir peur des ombres frôlées, terriblement. découvrir la peur de fermer les yeux, de perdre pied à nouveau, de ne pas se reveiller.Se raisonner. discipliner sa terreur au plus profond de la nuit.Surtout ne pas laisser le coeur s'emballer.On a appri. Petit à petit.Très lentement reprendre possession de soi-même.même si ce n'est sans doute qu'une illusion.c'est fini. les resultats sont bons.On a eu de la chance.Peu importe ce qu'on nous a enlevé, on va se faire à l'idée.Ce n'etait rien. Un accident de parcours, une péripétie.ça deviendra une anecdote.Peut-être. Pourtant c'est encore là, tout au fond, tapi dans un recoin sombre de mon esprit et ça se reveille encore parfois la nuit, petit poison familier. mais ce n'etait rien, tout va bien....
" C'est bête de savoir qu'on peut vivre quelquepart un petit moment de bonheur et faire autre chose que lui courir après.............." E.Keyserling







