11 novembre 2007
un dimanche
Dans mon sac aujourd'hui il y a un dimanche qui ne fait rien...
Un dimanche qui ne fait rien ça se lève après le jour, ça sent le cappucino jusque dans l'escalier, ça paresse, ça se fiche bien des horaires , ça met de l'ordre après la longue soirée d'amis du samedi, ça regarde par la fenêtre le soleil à travers les branches presque nues, ça deguste un joli petit film, ça grignote des chocolats, ça bouquine, ça caline, ça ne pense pas au lundi ni aux jours suivants,ça pense à des tas d'autres dimanches ..Un dimanche qui ne fait rien, ça chante en italien.......belle journée à tous....
09 novembre 2007
instantanés
Aujourd'hui dans mon sac il y a...
Si j'étais une photo , je serais une photo de Jacques Henri Lartigue.
Je serais de cette longue femme brune le sourire, la grâce, la peau hâlée, les bijoux, le cranté luisant des cheveux. Je serais le vol figé à jamais de cette joueuse de tennis, son reagrd concentré , sa volonté de marquer le point, la balle suspendue.Je serais des jeux dans un jardin d'automne,des jeunes filles en pantalon dans les années 20, un enfant dans son bain, l'eau tiède et les rêves au fond de ses yeux.Je serais ces elegantes de l'avenue du bois, leurs chapeaux improbables, leur coquetterie raffinée, des tissus dont on ne se sert plus, dont on ignore peut-être même les noms et le Paris d'un autre temps. Je serais une baigneuse en plein soleil, les verres precieux à portée de sa main, leur transparence, la musique du gramophone à ses côtés, les ombres portées. Je serais un couple de patineurs , la glace rayée sous leurs patins,leur parfaite arabesque,leurs mains chaudement gantées.
Et je serais tout ce que l'on devine à travers ces images: le debut du siècle dernier, une brûlante journée d'été, un amour, une famille,l'entre-deux guerres, les plages du sud,une belle soirée, de longues vacances, des fous rires.
Je serais l'insouciance, la vitesse, le gôut du risque, les frissons dans les premières automobiles, les premiers sports d'hiver et bien d'autres choses qui ne me ressemblent pas finalement ou qui me ressemblent plus que je ne le pense , allez savoir, quand on admire si fort.....
"Une photographie n'est qu'un fragment de temps qui ne reviendra pas." Martine Franck
08 novembre 2007
" Ma boîte aux lettres c'était ma cachette.Elle me reliait au reste du monde et recelait dans la magie de son obscurité le pouvoir de créer des evenements." Paul Auster
07 novembre 2007
nausée
Aujourd'hui dans mon sac il y a ces quelques lignes....
Elle devrait déjà être partie.A cette heure-ci elle serait dans un bus bondé , serrant contre elle son sac de cours sous la lumière blafarde du petit matin, une barre dans le ventre.Si elle se levait maintenant, en se depêchant elle pourrait encore rattrapper son retard.Mais elle reste dans son lit, blottie dans la pénombre, dans ce qu'il reste de chaleur de la nuit.
Derrière la porte M.s'active.Elle entend des robinets couler puis s'arrêter, la bouilloire ronronner,le bol posé sur l'email de l'evier,les pas rapides dans le couloir, puis dans l'escalier, et plus rien, un grand silence , un vide plus lourd que le plus lourde des pierres.
L'appartement est désert.Dehors le monde court, se presse, respecte les horaires, s'applique, et elle, elle ne fait rien de tout ça;Elle se met à l'ecart en sachant bien qu'elle a tort de se derober mais elle se derobe encore à cette lutte permanente qu'elle mène pour s'endormir le soir, se lever le matin,prendre un bus, entrer dans une salle de cours.Elle sait qu'elle ne devrait pas, mais ses pieds sont pris dans du ciment frais .
Elle ouvre les rideaux sur le jour gris et jette un oeil sur le reveil.A cette heure-ci le cours est commencé et sa place restera vide.Il est trop tard.
Il n'y a que le soir que cette pièce lui semble un peu chaleureuse.Elle se blottit alors sous sa lampe orangée et fait defiler inlassablement les pages des magazines empilés au pied de son lit.Elle inspire de toute son âme ce monde de papier où les filles ont des sourires qu'elle ne connait pas, des histoires d'amour heureuses,des vêtements qui semblent avoir été crées juste pour leurs silhouettes assurées.
Sa colocataire M. est un peu comme ça.Elle sait où elle va, elle maitrise sa vie,elle a compris ce qui est bon pour elle et se dirige vers son but auréolée de toute la confiance du monde et le monde ne lui resiste pas.
Le telephone sonne mais elle ne repond pas,il ne faut pas, elle n'est pas sensée être là.Les sonneries se succèdent, transpercent le silence de l'appartement alors qu'elle se tient immobile comme si on pouvait la surprendre, puis s'arretent.
Cette vie ne lui ressemble pas.Son univers est infiniment plus vaste et coloré, il est peuplé d'heroines de romans et de cinéma,mais elle le garde recroquevillé sous sa carapace grise fondue au gris des jours.
Sous le néon de la salle de bain elle se trouve les yeux cernés.Sur l'étagère M. a laissé ses affaires trainer, elle a dû rentrer tard hier soir.Un dos-nu noir et largement décolleté,des bijoux, des sandales à talon.Le monde de papier glacé à portée de la main;
Et si elle osait?
Le tissu leger se glisse sur sa peau nue et pâle et épouse parfaitement son corps.Elle tourne et retourne son reflet dans le miroir et un grand sourire intérieur la réchauffe.
Elle hésite à nouveau et tend la main vers l'étagère.Un fin trait de crayon noir vient border ses paupières.Elle entrevoit alors qu'elle pourrait s'aimer un peu.Mais l'armure est trop lourde et l'idée qu'elle se fait du regard des autres trop pesante.
Elle repose les affaires soigneusement à leur place et se glisse de longues minutes sous la douche brûlante.L'eau bourdonne à ses oreilles, le noir du crayon coule et disparait, elle ne sait pas que faire de cet instant volé ni de ces emotions qui la submergent.
sur la table de la cuisine les restes du petit déjeuner.Des bols vides avec au fond une flaque de café froid , des miettes,une goutte de confiture sur la toile cirée, et il lui semble que tout autour d'elle est aussi triste et laid que cette table abandonnée, que ces restes de repas, que cette lame de couteau grasse de beurre et c'est comme une nausée qui ne disparaitrait pas même sous l'éponge humide.
"Le soleil fait briller le grand lac
de tout son eclat
jusqu'à ce qu'il le renverse." Goro Wada
06 novembre 2007




Soleil d'automne, lumière dorée sur le jardin ,un air froid caresse les roses, la cabane des enfants a fermé ses volets sur les rires de l'été, la maison a laissé s'envoler, feuille après feuille sa vigne rouge, la glycine est depuis si longtemps fanée,le parfum des fraises et des lilas evaporé sauf dans un tout petit coin bien à l'abri dans nos souvenirs qui a déjà vu passer sur ce jardin dix étés....mais une question fleurit sous les feuilles fanées: Y aura-t'il de la neige à Noël?
"Le bout du monde et le fond du jardin contiennent la même quantité de merveilles" .Christian Bobin
05 novembre 2007
"Vis comme si tu devais mourrir demain, apprends comme si tu devais vivre toujours". Gandhi
04 novembre 2007
un elephant
Aujourd'hui dans mon sac il y a...Un éléphant et une belle journée d'amis.Sur l'île de Nantes , en se baladant le dimanche ,du côté des anciers chantiers navals, on peut croiser un elephant qui promène ses balcons en pagodes, son ventre salon, ses terrasses ouvragées ,et si l'on est un peu curieux, si l'on a gardé une âme d'enfant et un esprit un rien aventurier on tente le voyage dans ce magnifique pachyderme de bois et de metal plus vrai que nature .Et comme on est conquis on poursuit cette exploration presque immobile à travers une galerie d'animaux tout aussi fantastiques promis au même avenir : faire voyager dans l'espace et l'imaginaire, et ce n'est pas rien.On pense au "château ambulant", on croise des enfants dont les yeux brillent et des adultes avec de larges sourires...Le chantier ne fait que commencer , nul doute qu'il sera unique en son genre, très inspiré et réussi! Jules Verne aurait surement aimé,nous on a adoré et on y retournera c'est sûr!En attendant nous sommes rentrés réchauffés par cette belle journée partagée et les enfants dessinent...des elephants!
pour en savoir plus:http://www.lesmachines-nantes.fr
























