dansmonsacdefille

je vide mon sac!de tout ce qu'il rassemble,des petits objets et de l'imaginaire,ce qui me ressemble, me contient , me devoile sans en avoir l'air...

03 mars 2008

Une simple petite robe

Ce serait un peu comme un dimanche.Elle prendrait son temps.Elle se laisserait happer par les lumières tièdes de la ville sous la nuit et ce serait comme une petite fête silencieuse et juste pour elle.

Elle referma la porte de son bureau, descendit l'escalier  jusqu'à la lourde porte qui la separait de la rue et plongea dans le mouvement qu'elle avait gôuté depuis sa fenêtre tout le long du jour.A present, elle lui appartenait.

Sur la nuit veloutée d'hiver une lune de nacre était cousue, tout en haut, bien plus haut que le plus haut des immeubles.L'ait froid lui ôta un peu de sa fatigue, de son esprit se dissipaient les bruits de la journée,les conversations s'envolaient , les dossiers compliqués s'envolaient  et à mesure qu'elle avançait son pas se faisait plus leger....

Un groupe compact s'était formé à l'arrêt de bus, elle avança vers lui mais se sentit aussitôt comme étrangère à cette attente, aussi, quand le bus bondé s'arrêta devant elle, elle hesita un court instant dans la bousculade puis le laissa repartir, sans elle, et ce fut comme un soulagement de se degager de cette foule immobile et silencieuse et de se fondre à nouveau au mouvement de la rue.De toute façon elle pourrait bien attraper un bus plus loin, un métro, un taxi même...Ce soir, elle voulait ceder à l'envie de ne pas courir,de sortir des habitudes.Elle aspirait à s'enivrer d'air frais, à le sentir lui brûler les poumons, à respirer les odeurs de la rue, celles des boulangeries, des restaurants,d'un parfum croisé, à entendre le claquement leger des ses bottes à chacun de ses pas, les bribes de conversations croisées, les klaxons impatients et se sentir vivante au milieu de cette agitation dont elle faisait partie en ne faisant que la traverser. Quand elle arriverait , P et les enfants , vaguements inquiets de son leger retard n'en seraient que plus heureux de la retrouver , elle les serrerait dans ses bras et ils auraient au cou un leger parfum de lait et de savon.Le nez dans son echarpe elle dissimulait une ombre de sourire et sans même s'en rendre compte elle ralentit légèrement le pas.

A cet endroit de la rue l'air sentait le café fraichement moulu.  elle traversa cette portion de trottoir comme elle serait passée au travers d'un nuage, en s'y plongeant, sans hesitation pour mieux s'en envelopper.C'était sur quelques mètres à peine , une planète sans hiver, épicé et accueillante.Elle pensa à P.Une tasse de café, cela ressemblait à l'image qu'elle se faisait de lui. Il était au coeur de ce noir sérré qui rassemblait des dimanches matins en famille, des terrasses d'Italie,des diners qui trainent sur la nuit. Une tasse de café et le petit carré de chocolat noir qui l'accompagne parfois, le gout mêlé de ces deux saveurs uniques.

Elle reprit son chemin , evitant la foule préssée de ce debut de soirée.Dans les restaurants on commençait à s'agiter.Certains, déjà attablés , suivaient d'un regard distrait le mouvement de la rue en attendant leur commande.

Il faisait froid elle sortit ses gants de sa poche. Et si elle se faisait couler un bon bain chaud avant le dîner?Fermer les yeux,se derober à toute inquietude,se laisser deriver avec ravissement à l'ecart du monde....De derrière la porte lui parviendraient , assourdis,les bruits de la maison, le telephone, les cris d'enfants,les reprimandes de leur père, leurs chahuts communs.Et cela finirait comme toujours, un des enfants viendrait  frapper à sa porte convaincu qu'elle seule pourrait resoudre un conflit, beurrer une tartine, , conseiller pour un devoir.N'y opposant guère de resistance elle sortirait et  reprendrait pied dans la vie.

à suivre.....

Posté par bel gazou à 06:32 - plume au vent - Commentaires [13] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Commentaires

une seule chose : vivement la suite...
Bisous

Posté par isanicoto, 03 mars 2008 à 09:34

La suite ! La suite ! Bises B !

Posté par BelleSahi, 03 mars 2008 à 09:49

Comme d'hab' je vais attendre la fin pour tout lire en une fois...

Posté par Anne, 03 mars 2008 à 09:56

Moi aussi , je veux la suite ... vite , vite ....
Comme je viens de te le dire chez moi , j' ai vu ta bannière chez damouredo ce matin .... j' adore ... elle est tout simplement parfaite !

Posté par La Pyrénéenne, 03 mars 2008 à 10:14

Viiiite la suite !!!
Bises et bonne journée Bel-gazou !

Posté par florinette, 03 mars 2008 à 12:47

elle est prête...c'est une strategie pour fideliser les lecteurs !!lol!!!

B: rendez-vous demain!

désolée Anne, en fait je trouvais que ça faisait long d'une seule traite...

oui La Pyrénéenne, je suis super contente mais ne peux l'installer pour l'instant car il me manque la version definitive...elle est vraiment douée!!!

bises Florinette! belle journée à toi aussi!

Posté par bel gazou, 03 mars 2008 à 15:27

Je suis venue discrètement m'immiscer dans un petit bout de ta vie et j'en reparts sur la pointe des pieds...

Posté par Cassa Cola, 03 mars 2008 à 17:25

superbes descriptions, je les adorent! Les mouvements de la rue, le chahut, les parfum scroisés... sa me rapelle tellement certaines choses que j'ai vécu, senti, entendu...
merci beaucoup, continue, bonne inspiration!!!!
TROP HATE DE SAVOIR LA SUITE :D

Posté par Alice, 03 mars 2008 à 19:10

la suite, je l'attends avec impatience...

Posté par les cigognes, 03 mars 2008 à 19:13

Très agréable de te lire Bel Gazou, et toutes ces odeurs et sensations...
A suivre, bien sûr !

Posté par antigone, 03 mars 2008 à 20:23

ah non Cassa, ne fais comme moi!! :)

Alice: on t'a déjà dit que t'etais trop gentille toi? bisous d'amour fée du logis!

alors à demain Lescigognes...

merci Antigone, bonne nuit....

Posté par bel gazou, 03 mars 2008 à 20:59

Et, un instant, fermer les yeux sur tes mots et s'extraire du jour mourant pour arriver... au flot tiède de ta foule décrite, au gout d'un garçon café-chocolat, a la moiteur de l'eau chaude, au coeur même de cette vie si bien happée un instant, par tes soins.
Texte qui me repose, texte qui m'évade, mademoiselle Jolimot, merci.
Connais-tu "les heures", de Cunnigham ? ( un léger doute sur l'orthographe )J'imagine que oui, j'y retrouve ce même sens de la nuance, ce même soin de sentiment décrit.
Que la nuit te soit jolie.

Posté par LiLou, 03 mars 2008 à 23:34

oui Miss lilou j'ai lu et même vu "les heures"...c'est un bien beau compliment que tu me fais là Joli-coeur...

Posté par bel gazou, 04 mars 2008 à 19:21

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